Nous avons fait fonctionner simultanément les liaisons 5G NR NTN et NB-IoT NTN via un canal satellite émulé. Les deux liaisons se sont établies et ont fonctionné de bout en bout.
Chaque interface radio est définie séparément. Ce qui n'est pas précisé, c'est ce qui se passe lorsque les deux partagent des ressources, et c'est justement ce que nous voulions examiner.
Une entité d'utilisateur (UE) « NR » et une UE « NB-IoT » se trouvent sur la même liasse. Le signal composite passe par un canal matériel et un émulateur d'orbite exécutant un scénario de « GEO » à partir d'un TLE, en appliquant simultanément un retard, un effet Doppler, un évanouissement, du bruit et une perte de trajet aux deux porteuses. Au niveau de la passerelle, les porteuses se divisent en Gatehouse Satcom gNodeB et une Gatehouse Satcom eNodeB. Le système est câblé, il n’y a donc aucune émission. Le scénario se situe à environ 25 degrés d’élévation, ce qui place la distance oblique à près de 39 000 km et le délai aller simple à environ 130 ms par saut.
Les deux porteuses empruntent la même voie principale ; elles perçoivent donc le même canal. Même retard, même effet Doppler, mêmes évanouissements. Lorsque les deux se comportent différemment, cette différence est imputable à l'interface radio et non aux conditions de test. C'est pourquoi nous avons créé un signal composite plutôt que de réaliser deux séries de tests distinctes.
La partie qui ne figure pas dans la norme
Il faut construire un signal composite, en déterminant l'emplacement de la porteuse et les puissances relatives. Une seule source d'éphémérides et de synchronisation doit alimenter deux schémas de compensation différents. Deux régimes de temporisation fonctionnent sur le même aller-retour. Et un seul segment au sol doit desservir à la fois une classe IoT à faible cycle de service et une classe à large bande.
La norme décrit chaque interface radio séparément ; ces éléments n'y figurent donc pas. Il s'agit d'un travail d'intégration, et c'est là-dessus que nous concentrons nos efforts en laboratoire.
Ce que cela ouvre
L'Internet des objets (IoT) et le haut débit se présentent généralement sous la forme de deux projets distincts, avec des infrastructures terrestres séparées et des analyses de rentabilité distinctes. Une plateforme unique regroupant les deux permet d'en faire un actif unique, plutôt que d'avoir à choisir entre deux marchés.
Cela permet également à l’opérateur de gérer lui-même l’ordre de mise en service. Un service « d’ NB-IoT » peut être mis en service en premier, puis des « NR » peuvent être ajoutés sur la même plateforme au fur et à mesure que les appareils arrivent.
C'est l'argumentaire que nous sommes en train de monter, et il faudra plus d'un essai pour le valider. Ensuite, nous souhaitons le tester sur un véritable frontal RF, en tenant compte des contraintes de puissance et thermiques imposées par une charge utile, et en obtenant des résultats que nous pourrons publier.
Et ensuite ?
Si vous travaillez dans le domaine des réseaux satellitaires multiservices, que ce soit du côté de l'opérateur, des équipements ou de l'intégrateur, nous aimerions échanger nos points de vue sur ce que vous observez. Envoyez-nous un message via le formulaire de contact et nous vous contacterons.

